La Banque Mondiale a accordé hier 6 milliards de dollars pour accompagner les réformes politiques et économiques de l’Egypte et de la Tunisie. Le New York Times rappelle que l’engagement financier s’effectuera très rapidement sous réserve que les réformes politiques économiques soient entreprises de manière transparente et citoyenne : l’Egypte et la Tunisie ont besoin d’argent frais immédiatement pour faire face à la récession. Effectivement, dans notre dernier article, selon l’IIF, l’Egypte et la Tunisie connaîtront en 2011 une contraction de leur PIB respectivement de 2,5% et de 1,5%.

La démocratie et le social en Afrique du Nord seront les préoccupations du G8 également qui se réunit cette semaine à Deauville en France. La transition en Egypte et en Tunisie ainsi que les réformes politiques, économiques et sociales sont inscrites en priorité dans les agendas. C’est d’ailleurs une priorité affichée par Christine Lagarde dans sa lettre de motivation pour succéder à Dominique Strauss-Kahn au Fonds Monétaire International.

[Le FMI] doit non seulement jouer son rôle en Europe, mais aussi répondre aux demandes d’assistance des pays du Moyen-Orient et d’Afrique du nord (…) en privilégiant une coopération accrue entre le Fonds et les institutions financières régionales.

Si l’on en croit le New York Times, le travail pour les jeunes a été un facteur déterminant dans la vague de révolutions arabes. Selon le Jordan Times, la Jordanie est en train de mettre en place un ambitieux programme de valorisation et de création d’emplois afin de redynamiser le marché du travail qui compte 3,5 millions de personnes en âge de travailler (entre 16 et 64 ans) : 1,4 million de Jordaniens sont économiquement actifs (1,22 million ont un travail alors que 800 000 n’en ont pas) et 2,09 millions sont inactifs (pour 30% des étudiants). Sur les 10 dernières années, la moitié des emplois générés dans le secteur privé a bénéficié à des travailleurs étrangers. Ces nouvelles stratégies ont pour but de créer des emplois valorisants et attractifs.

Voici une synthèse assez intéressante (datant de février dernier) de Charles M. Blow du New York Times analysant les révolutions arabes dans une dimension plus vaste que l’économie. La vraie révolution sera donc celle des droits, du social et de la santé.