L’Ordre des Médecins vient de hausser le ton une nouvelle fois au Liban contre les produits pharmaceutiques à base de plantes (produits amaigrissants, produits de beauté, etc.) largement vantés sur Internet et par les chaînes de télévisions. Des investisseurs peu scrupuleux profitent de l’engouement pour la médecine traditionnelle, que nous avions déjà évoqué en analysant les pratiques des internautes arabes. C’est pourquoi, en mars 2010, une loi au Liban a limité la fabrication, l’importation, l’entreposage et la commercialisation des produits à base de plantes médicinales aux seuls pharmaciens et en a interdit toute publicité. S’il est peut-être possible de réguler le marché des produits pharmaceutiques, Hayeon Lee de NowLebanon avait déjà noté la difficulté essentielle de réguler les média…

Si 1 400 produits de la marque Zein El-Atat suspectés de contenir des produits chimiques nocifs ont été saisis par la Direction de la Protection du Consommateur, les autorités libanaises ont mis beaucoup de temps à réagir, contrairement à l’Arabie Saoudite ou aux Emirats Arabes Unis qui avaient déjà émis des réserves (notamment cette lettre détaillée de mise en garde émanant de la Haute Autorité de Santé d’Abou Dhabi du 30 décembre 2010). Au début de l’année, le ministère de la Santé au Liban a émis un avertissement contre les fabricants de produits à base de plantes et de suppléments nutritionnels tels que Zein al-Atat et Amanacare, dont les produits constitueraient de dangereux risques pour la santé publique. En accord avec l’Arabie Saoudite et les Emirats, les autorités ont retiré de la vente 38 produits suspects.

Ces apothicaires médiatiques et dangereux discréditent totalement le recours aux remèdes traditionnels issus d’une longue pratique. Au contraire, les remèdes traditionnels et la médecine alternative agissent le plus souvent comme des soins primaires pour le plus grand nombre.

Des mesures urgentes doivent être prises afin de protéger les plantes médicinales dans notre région de la destruction continue de leur habitat naturel ainsi que de la surexploitation des espèces sauvages et vulnérables aux changements climatiques et environnementaux. En outre, des mesures urgentes doivent être prises pour préserver les connaissances traditionnelles sur les plantes médicinales.

Bashar Saad, Hassan Azaizeh & Omar Said, « Tradition and Perspectives of Arab Herbal Medicine: A Review », Oxford University Press, 2005.

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, le marché mondial  dérivé de la pharmacopée traditionnelle représenterait 16 milliards de dollars US. Il n’est donc pas étonnant de voir fleurir sur le marché certains produits dangereux comme Zein al-Atat et Amanacare. La bataille de la médecine des plantes sera médiatique…