Revue de presse

21 mars 2011

Dans ce contexte de grogne sociale, la santé est un enjeu éminemment géopolitique. La 35ème session du Conseil des Ministres Arabes de la Santé s’est tenue à Beyrouth les 9 et 10 mars derniers, sous les auspices de la Fédération Hospitalière Privée Arabe (MedHealth Beirut 2011).

Alors que Peter J. Cunningham s’interroge dans une étude qui vient de sortir sur les limites de l’extension de la couverture MedicAid aux Etats-Unis : les médecins seront-ils suffisants pour répondre aux besoins en soins de santé primaires ? Le Conseil des Ministres arabes de la santé a prévu d’injecter 1 million de dollars dans le domaine de la santé pour le Fond arabe pour le développement économique et social et a adopté un Plan Stratégique pour le développement des soins de santé primaires et de la médecine familiale pour 2011-2016. Le Conseil arabe de la Santé aura en charge l’élaboration de programmes spécifiques, de cours et de diplômes afin de former les personnels de santé dans le domaine de la médecine familiale.

35th session of Arab Health Ministers

Crédits : Alriyadh.com

Mais sur le terrain, la réalité est différente. Le Jordan Times rappellait les conditions difficiles des médecins des structures publiques. En Jordanie, ils étaient en grève pour demander une revalorisation de leur salaire : le Ministre de la Santé n’a pas été sourd à leur requête mais ne peut rien faire… La Jordanie doit faire face d’une part à un déficit budgétaire de 2 milliards de dollars (en 2009) et une dette extérieure de 11 milliards de dollars, et d’autre part à des gestes sociaux (240 millions de dollars pour subventionner le pain, 169 millions de dollars pour l’éducation et la santé, une aide de 100 millions des Etats-Unis, etc.) nécessaires pour calmer l’ardeur de la contestation populaire.

Comme nous le rappelait Masri Feki dans l’interview qu’il nous accordait, c’est tout un modèle de santé qui est à changer. L’argent suffira-t-il pour taire les contestations ?