[Revue de presse] Des compétitions de salaires
Par Vincent Fromentin le 28 nov 2011 • 7 h 00 min Pas de commentaireRevue de presse de la semaine
28 novembre 2011
Le manque de médecins est un problème tellement pregnant au MENA que leurs salaires risquent d’augmenter encore conséquemment dans les prochains mois, selon ArabianBusiness. L’augmentation des maladies chroniques provoquée par les changements des habitudes et des comportements implique la création de nouveaux hôpitaux et la mise à niveau du système de soins actuel. Par ailleurs, les pays du CCG sont largement dépendants d’infirmières et de médecins étrangers pour maintenir le fonctionnement des infrastructures existantes.
Nous embauchons beaucoup de médecins provenant de pays comme l’Inde et le Pakistan ou d’autres pays arabes comme le Soudan, mais le marché est devenu très concurrentiel. Leurs salaires ont augmenté de façon impressionnante et beaucoup d’entre eux ne veulent plus déménager.
A Dubaï, la couverture sociale obligatoire a été votée en 2008 imposant aux entreprises de prendre en charge chacun de leurs employés. Mais cette dynamique a été stoppée par la crise financière de 2009. Comme le souligne ArabianBusiness, le gouvernement devrait proposer un nouveau programme d’application de cette loi dans le courant de l’année prochaine afin d’étendre la couverture sociale à tous -et en particulier aux 75% de travailleurs étrangers qui n’ont aucune protection sociale.
En Arabie Saoudite, où la prévalence de l’obésité dépasse les 30%, la Société de Protection du Consommateur est en train de réfléchir sur une loi obligeant les restaurants à afficher les calories des denrées proposées. Pour autant, comme nous l’avions souligné dans un papier précédent, l’impact de l’affichage des calories sur les menus vendus dans les chaînes de restauration rapide, imposé par New York pour lutter contre l’obésité, reste très limité. L’’information ne modifie pas le comportement des adolescents : « l’affichage des calories n’a retenu l’attention que de la moitié des adolescents, 1/4 avait conscience de la teneur calorique et seulement 9% ont modifié leur commande pour prendre des menus moins riches » -contre 28% pour des populations adultes.
Les investissements ne seront pas suffisants pour soutenir une politique de santé publique énergique capable de lutter contre ce fléau : le rapport humain, l’émancipation citoyenne et la pédagogie sont les clés essentielles pour régler un tel problème.
