[Revue de presse] La santé dans le Maghreb en ébullition
Par Vincent Fromentin le 23 jan 2012 • 6 h 00 min Pas de commentaireRevue de presse de la semaine
Lundi 23 janvier 2012
Le Ministre de la Santé algérien, M.Djamel Ould Abbès, a indiqué, lors d’un discours d’ouverture de la Haute commission technique arabe du médicament, que « les investissements arabes en Algérie dans le domaine des médicaments ont atteint plus de 380 millions de dollars en 2011« , rapporte L’Expression. La Jordanie, avec 34% des investissements, vient en tête du classement.

Constatant la dépendance de l’Algérie vis-à-vis de ces fournisseurs étrangers (près de 2 milliards de dollars), le Ministre a par ailleurs annoncé la modernisation d’unités de productions nationales, prévoyant 70% de médicaments génériques produits à l’horizon 2014. On apprend également dans le compte-rendu de L’Expression qu’il exige qu’à chaque médicament étranger accrédité pour le marché algérien, on étudie en retour l’accréditation des médicaments algériens sur le marché extérieur. C’est peut-être la raison qui a conduit les professionnels de santé et l’industrie du médicament, selon El Watan, à créer cette semaine un think tank autour des questions de la prise en charge des patients et d’un accès à des médicaments.
L’accès aux médicaments est un sujet central dans le débat sur les soins primaires au Maghreb. Au Maroc, par exemple, si l’expérimentation du Régime d’Assistance Médicale (RAMED) a déjà profité à 130 000 bénéficiaires dans la région pilote de Tadla-Azilal, visant le développement du système national de la santé dans le cadre de la couverture médicale de base et de l’assurance maladie obligatoire, la cherté des médicaments reste un problème crucial dans l’accès aux soins, comme l’avait déjà confirmé le rapport de la Commission Parlementaire marocaine en 2009.
Les lignes bougent en santé publique. En Algérie, le Pr. Farid Chaoui se livre dans un entretien à La Nation, fort intéressant et sans détour, sur le système de santé actuel livré aux lobbies et construit dès avant les années 90 sans réelle cohérence politique. De son côté, le nouveau Ministre de la Santé marocain, El Hossein El Ouardi, dans un entretien à Le Soir les Echos, revient sur le RAMED et les inégalités sociales : « 20% de la population la plus riche consomment 56% des soins alors que 20% de la population la plus pauvre ne bénéficient que de 3% des soins de santé » et « 40% des patients ayant des cartes RAMED ont dû payer pour accéder aux soins dans l’hôpital de la région [d'expérimentation du RAMED]« . L’objectif du ministre est de décentraliser les décisions en confiant davantage de pouvoir aux élus locaux.
Impulsé par Driss Temsamani, un entrepreneur marocain expatrié aux Etats-Unis, le Maghreb Growth Fund permettra de soutenir les projets maghrébins innovants dans le domaine des nouvelles technologies, de l’énergie et de la santé grâce à une enveloppe de 25 000 dollars par projet, rapporte Aujourd’hui. Une opportunité à saisir pour les technologies innovantes de la santé !
