Revue de presse de la semaine

13 juin 2011

L’accès à Internet est un droit humain basique et un outil puissant pour l’émancipation des peuples, selon un rapport des Nations Unies du Rapporteur Spécial Frank La Rue. Comme nous l’avions souligné dans un article précédent, l’essor d’Internet parmi les populations du monde arabe est déterminant pour envisager les défis à venir en matière de santé. Et Internet révolutionne le monde arabe : selon Abbas Alidina, les utilisateurs de FaceBook au Moyen-Orient Afrique du Nord (MENA) sont près de 56 millions, ce qui représente une augmentation de 51% pour l’année écoulée et près de 10% des internautes connectés à FaceBook dans le monde (soit 600 millions de profils FaceBook enregistrées dans le monde entier).

  Facebook Usage in the Middle East & North Africa - June 2011    

Internet est le plus puissant des instruments du 21ème siècle permettant de favoriser la transparence des politiques engagées, un meilleur accès à l’information ainsi qu’une participation citoyenne dans l’élaboration des processus démoratiques. Ainsi, la récente vague de contestations dans les pays du MENA a révélé le rôle essentiel qu’Internet peut jouer pour mobiliser les populations en les appelant à plus de justice, d’égalité, de responsabilité et un meilleur respect des droits humains.

Franck La Rue
 

Cependant, le canadien Peter Foster, du National Post, prenant l’exemple des téléphones portables en Afrique, souligne qu’ « en 1998, il n’y avait pas plus de 4 millions de cellulaires dans toute l’Afrique, alors que maintenant on peut en comptabiliser plus de 400 millions. (…) Les retombées politiques sont encore incertaines, celles économiques sont bien plus sûres. Est-ce que finalement cela s’insère dans les Objectifs du Développement du Millénaire ? Non, cela profite uniquement aux entrepreneurs et au secteur privé ». Angie Nassar, de NowLebanon, s’interroge même sur ce « droit » supposé qui dépend vraiment de ce que l’on cherche sur la Toile…

La e-santé et la prévention sont des clés essentielles pour appréhender les maladies chroniques. Mais si la technologie est bien présente, l’éducation et la prise de conscience du patient sont encore bien imparfaites. Particulièrement lorsque l’on sait comme le rappelle ArabNews que l’Arabie Saoudite devrait connaître une augmentation de 283% d’ici 2030 de sa population diabétique. Et selon une étude réalisée par la Haute Autorité de Santé d’Abu Dhabi (Haad), 80% des patients ne parviennent pas à suivre correctement leur diabète, particulièrement chez les jeunes populations.  La révolution high-tech changera-t-elle rapidement les esprits pour enrayer cette épidémie préoccupante ? Les internautes devraient être « éduqués » pour acquérir une information sur leur maladie et leur permettre une meilleure prévention.

De manière surprenante, dans une étude récente1, le concept de « sagesse des foules », sur lequel est bâtie la santé 2.0, semble remis en cause car même une légère influence sociale peut altérer l’effet de sagesse des groupes sociaux pour trois raisons.

  • « L’“effet de l’influence sociale” diminue la diversité de la population sans pouvoir améliorer la qualité de son erreur collective.
  • L’“effect de réduction de la fourchette” déplace la position de la vérité vers la périphérie et l’expertise d’observateurs extérieurs rendant la foule moins fiable.
  • L’“effet de confiance” renforce la confiance des individus lorsque leurs estimations convergent en dépit de preuves exactes. »

Il y a donc tout lieu de croire que l’émancipation du patient et son accès aux soins et aux droits humains élémentaires reposent sur des politiques de santé publiques audacieuses et transparentes.

  1. merci à Yann Leroux pour son article. []